Pour ceux qui n'auraient pas suivi...

En tant qu'apprentie prof de fle (Français Langue Etrangère, pour les nouveaux venus), je vis au fil d'expériences et autres stages à l'étranger. Après quelques temps passés en Amérique du sud (Chili et Bolivie, voir http://prisciinsantiago.blogspot.com/ et http://priscienbolivie.blogspot.com/), je pars vers une nouvelle aventure et ce, pour quatre mois... en Tanzanie. Et oui, c'est comme le Port Salut, c'est écrit au-dessus, cf. adresse du blog.

jeudi 23 septembre 2010

Zanzibar Jour 3 Kizimkazi ou la baie des 1 000 dauphins

J'oubliais de vous mentionner hier qu'avant notre frugal dîner, nous avions réservé notre tour d'aujourd'hui : une expédition à la pointe sud de l'île pour aller fricoter avec les dauphins, oui, oui, oui ! Nous étions passés à l'office de tourisme assez tard, celui-ci allait même fermer mais l'éventualité de faire du business fut plus forte et l'agent d'astreinte nous a donc accordé quelques minutes... Nous étions venus nous renseigner lors de notre premier jour, histoire de connaître les tarifs et nous en fûmes pour notre argent, une fois n'est pas coutume ! Tandis que l'agent nous propsait d'abord un tour privé à 60US$ par personne, nous sommes parvenus à conclure l'affaire pour 55US$ en tout pour la journée, acceptant de partager avec d'autres l'excursion. Pour cette somme, nous nous assurons de la prestation et des différents services compris : tout est détaillé sur un post-it certes mais c'est écrit ! On ne nous y reprendra plus !

Le lendemain donc, lundi 6 septembre, 8h, vient nous chercher à la pension Mohammed, notre chauffeur pour la journée. Nous le suivons et montons dans le monospace pensant que d'autres se joindraient à nous... mais passés quelques minutes, les papiers "permis" pour transporter les touristes récupérés, nous comprenons que nous ne serons que nous deux du moins, pour le transfert jusqu'au cap. Nous sortons de Stone Town et empruntons la route du sud, nous passons quelques contrôles de police dont un avec un agent qui semble poser quelques soucis à notre conducteur. Nous nous rangeons sur le bas-côté pendant quelques minutes avant de repartir. Nous passons devant la forêt de Jozani où nous nous rendrons dans l'après-midi, sur la route du retour.

Ralentissez, passage de colobus !
Après une heure et demie de route et l'impression d'être partis les premiers mais d'arriver les derniers tellement nous nous sommes faits doubler par d'autres mini-vans remplis de 8 touristes, nous touchons au but. Les pancartes affichent : le village des dauphins, point view, etc. Nous y sommes ! Sur le grand "parking" de la plage, les mini-vans se rangent mais pas le nôtre... nous poursuivons. Où nous mène-t-il donc ? Le chauffeur ne sait pas trop lui-même, il appelle l'agence, enfin c'est ce qu'on imagine. J'oubliais de vous préciser bien sûr qu'on avait affaire à un sous-traitant : vous réservez à un bureau et celui-ci en appelle un autre, etc. pour s'occuper de vous ! Enfin, nous nous garons enfin près d'un restaurant dont la terrasse offre une vue panoramique paradisiaque sur la plage de sable blanc et l'eau turquoise ! Déjà un excellent point ! Là, on nous propose de nous équiper de p-m-t enfin surtout de palmes parce qu'on avait apporté notre matériel perso et hop, Mohammed nous laisse et nous indique qu'il faut désormais suivre un autre gars, le gars au bateau...


Une fois sur la plage, plaisir des yeux, des couleurs splendides, les plages d'ici sont magnifiques, on croise quelques pêcheurs et des femmes dont les étoles volent au vent tandis qu'elles ramassent les algues. Superbe. A une cinquantaine de mètres, nous apercevons nos "collègues" touristes qui embarquent dans des bateaux à 8, 9 ou 10. Nous, bienheureux du jour, patientons jusqu'au retour du propriétaire du bateau qui le moteur sur l'épaule nous enjoint à le suivre. Nous grimpons à bord, le moteur en route, nous frappons quelques vagues et filons vers THE place to be pour aller dire bonjours aux dauphins. Quelques embarcations sont déjà parties mais nous les rattrapons bien vite car nous sommes plus petits et bien plus légers.




La perspective d'aller voir les dauphins me ravit et me ramène en janvier quand avec Marion et les autres nous avions croisé leur route lors de notre escapade à Petite-Terre, en Guadeloupe. A ce moment-là, nous n'en avions vu que deux ou trois et j'avais manque de rapidité pour aller les voir de plus près dans l'eau... Néanmoins, l'un d'eux était passé si près, sous le bateau qu'on avait pu l'entendre et rien que ça, ça avait été magique... retour donc à Zanzibar où le rendez-vous n'est plus à manquer même si à l'approche du moment, j'avoue, j'ai bien flippé (haha, jeu de mot) et j'appréhendais de sauter.

Nous arrivons enfin au point stratégique et ça y est, ils sont là, on peut voir quelques nageoires dorsales dépasser. Préparez-vous, on va bientôt y aller. Notre pilote observe, guette et nous place au bon endroit pour aller à leur rencontre. Les tubas, masques et palmes sont en place... y'a plus qu'à... sauter dans le grand bleu. J'y vais en prems et plouf, ils sont là en face de moi, la panique, j'avoue... Je cherche Tristan, c'est bon, il est dans l'eau aussi et puis, les dauphins aussi... mais tranquillement, sentant l'obstacle, ils dévient leur route et plongent sous nous. Nous les suivons du regard et de malgré quelques claquements de palmes, nous ne parvenons pas à continuer à leur vitesse. Pas de problème, nous remontons donc sur le bateau et nous les guettons de nouveau jusqu'à ce qu'ils réaparaissent et que nous y retournions encore et encore et cela, une douzaine de fois au moins !

Nous avons été les premiers dans l'eau, les chanceux aussi du jour car nous y sommes allés souvent. Nous avons pu à loisir profiter de quelques minutes d'observation sous l'eau. Ils étaient parfois une quinzaine ensemble, on a même vu un petit ! Souvent, ils arrivaient vers nous puis plongeaient à notre hauteur. Il y a eu quelques sauts mais le plus magique, j'avoue c'est d'avoir pu croiser leur regard. Cela ne s'est produit qu'une fois mais c'était impressionnant : une bille noire qui vous regarde et qui semble s'interroger sur le pourquoi de votre présence ici, chez lui... Ces moments privilégiés ne sont interrompus que par ces **** touristes italiens qui s'agitent trop, créent du bouillon dans l'eau et te foutent des coups de palmes, grrrr !!!

Heureusement, on les a tous bien mouchés parce que le temps que ces groupes de 8-10 plongent et remontent dans leur bateau, les dauphins sont bien souvent passés et nous, deux seulement, nous sommes déjà en route pour la prochaine rencontre ! Passé le moment de stress, la balade reste vraiment un des meilleurs souvenirs de ces vacances zanzibarites ! Malheureusement (pour vous) pas de photos aquatiques de nos amis, tout est dans la tête...

La matinée touche à sa fin, nous laissons nos compagnons faire route un peu plus au large pour trouver de quoi déjeuner... Nous aussi d'ailleurs, nous rentrons à la base pour savourer le déjeuner qui nous attend sur la terrasse du resto déserte ! Seuls au monde ou presque, on vous dit !! Cette réservation de dernière minute nous a valu de passer une journée de privilégiés ! Evidemment, au menu : du poisson ! Miam et même Tristan en a mangé c'est dire comme c'était bon ! Juste grillé mais miam encore ! Qui plus est quand le couvert est dressé de sorte que vous êtes côte à côte mais face à la mer et aux dhows qui passent.


Il est tôt, nous profitons donc d'une petite sieste sur la plage après le déjeuner. Nous ne pourrons lézarder qu'une demi-heure, moment où la marée montante vient délicatement vous lécher les orteils, héhé. Mohammed a lui aussi piqué un somme jusqu'à ce que nous le réveillions pour prendre la direction de la forêt de Jozani où nous attendent les singes colobus rouges, une espèce qu'on ne trouve qu'ici.



La promenade dans la forêt est guidée par un garde du parc qui, on le confesse, n'en avait strictement rien à faire. Trop blasé, il déversait son discours appris par coeur... aucune conviction ! On pense alors à Marion, homologue à l'ONF en Gwada qui nous aurait fait la visite d'une toute autre manière ! Nous parvenons tout de même à trouver les colobus et à les observer un moment en train de sauter de branche en branche, de manger des feuilles ou bien de se chercher les poux. La deuxième partie du tour consiste à aller voir la mangrove de l'île. Il s'agit d'une forêt un peu spéciale vu que les racines poussent "à l'air libre" quand elles ne sont pas imergées... si j'ai bien tout compris. La visite s'achève, nous remontons dans le monospace, Mohammed repasse les contrôles policiers et nous explique ce qui s'est passé le matin. Son permis est bientôt périmé, dans quelques jours, et un des policiers lui a donc confisqué... Là, au barrage, il demande à un autre policier si c'est normal, l'autre lui dit que non et qu'il devrait aller le récupérer sauf que le ripou du matin n'est plus là. Notre chauffeur récupère tout de même le numéro de téléphone du flic et tentera de régler ça une fois à Stone Town. A l'arrière, les émotions, la chaleur ont raison de nous et nous piquons du nez le temps d'arriver à destination.

Mangrove
Habitant de la mangrove, crabe à une grosse pince
Point de départ de chaque arbre dans la mangrove
Il n'est pas tard quand nous arrivons, 16h. Nous pouvons donc errer de jour cette fois dans les ruelles, succomber aux invitations des tenanciers de boutique pour touristes et accomplir notre devoir d'envoi de cartes postales et d'achat de souvenirs : tee-shirts ("I survided the dala-dala experience" pour Tristan !), boucles d'oreille et kanghas. La négociation est rude mais c'est le jeu, certaines toiles valent le coup d'oeil. Le lendemain sera notre dernière journée sur l'île et nous programmons donc pour ce jour, l'incontournable "tour des épices". En attendant d'en apprendre plus sur ce qui fait la renommée de l'île, nous dînons au Mercury's restaurant parce que, figurez-vous que le chanteur leader du groupe Queen est né ici, à Zanzibar !!


mercredi 22 septembre 2010

Zanzibar Jour 2 Mnemba, Matemwe et dala-dala

Un des moments, personnellement, qui me fait dire, penser, croire, me sentir en vacances c'est quand on peut sortir dès le matin en tongs et faire glisser le sable entre ses orteils alors que vous êtes en train de prendre votre petit déjeuner... C'est pas la belle vie, ça ? Et bah, moi je dis que si !


Il est certes 8h du matin quand nous dégustons notre petit déj au même resto que la veille mais d'avoir en vision panoramique la plage, les vagues et les dhows qui passent, peu importe bien qu'il soit 8h du mat' ! Ah oui, les dhows, ce sont les bateaux à voile des pêcheurs, ça rappelle un peu les boutres en Asie. 8h30 et nous voilà en train de balancer nos sacs à dos dans le bateau car voilà, nous ne ferons pas comme tout le monde. Comprenez que le tour classique consiste à vous embarquer sur un de ces bateaux en bois avec toit pour vous mener jusqu'à Mnemba où vous pourrez aller saluer les poissons tropicaux équipés des p-m-t (palmes, masque et tuba) récupérés au passage dans un bungalow près des gros hôtels de luxe. Jusque là, tout va bien, nous jouons le rôle banal de touristes sauf que nous voulons poursuivre notre périple et bien que ce soit les vacances, le temps nous est compté. Nous avons donc demandé à notre rabatteur s'il était possible non pas de retourner à Nungwi dans l'après-midi avec les autres mais de filer avec un autre bateau de pêcheurs vers Matemwe où le guide nous promet une belle plage et un village typique...

Voici une embarcation semblable à la nôtre
Contraste : sur la plage, les femmes du coin en réunion et en arrière-plan, une riche touriste fait bronzette.
Apparemment, pas de souci, Djidji nous assure que c'est possible et que donc, après le barbecue de poissons prévu sur la plage, un bateau nous amènera à bon port. C'était sans compter sur le bagou du rabatteur qui est prêt à tout pour mettre des touriste dans son bateau... Car, Djidji n'embarque pas avec nous, il nous confie à d'autres copains sans qu'on se soit remis d'accord sur notre arrangement de la veille. Grosse boulette : toujours récapituler avec tout le monde car à force de travailler avec des copains de copains, les intermédiaires en perdent leur latin et chacun a eu droit à une version différente. Pour nous, le gars du bateau nous dit que non, non, ce n'est pas possible de prendre un bateau de la plage, il faut le prendre depuis Mnemba : cela veut dire pas de déjeuner, pas de barbecue alors qu'on a payé pour... Et le prix de la course avec l'autre pêcheur n'est pas le même que celui promis par DjiDji : 15 000 shillings au lieu de 10 000 (7,5 euros au lieu de 5 : vous me direz, ce n'est pas grand chose mais accumulés les malentendus nous coûtent assurément).

Un de nos matelots
Nungwi est connu pour ses chantiers navals de boutres.
Un autre de nos membres d'équipage.
Néanmoins, nous ne perdons pas de vue le but de notre expédition : le grand bleu ou plutôt le grand cristallin car nous enfilons tout de même l'équipement et partons décompresser le temps d'aller saluer les poissons tropicaux, multicolores de l'Océan indien. Quel pied ! Souvenir du baptême de plongée réalisé au début de l'année dans les eaux antillaises de la réserve Cousteau en Gwadeloupe... Hélas, ici, pas d'appareil photo pour immortaliser ces doux moments de tranquillité et le spectacle des poissons. Paix et calme sont au rendez-vous et vous pouvez admirer à loisir le show... tant qu'un autre touriste n'essaie pas de faire son malin et de toucher les bêtes, celles-ci restent assez proches de vous !

Une fois la féérie aquatique terminée, il faut bien avouer notre défaite en matière de négociations... Le capitaine de notre bateau nous encourage fortement à monter dans l'autre bateau sans quoi l'escale à Matemwe ne sera pas possible. On est un peu verts de s'être fait rouler mais nous coopérons tout de même et faisons passer nos sacs d'un bateau à l'autre. Sur ce bateau plus petit où l'on ne peut pas se prélasser sur le toit (difficile sur une bâche orange, non ?), nous faisons la connaissance d'un charmant couple sud-africain en lune de miel (comme c'est bizarre). Notre embarcation plus fragile se fraie un chemin dans le canal et passe la barrière de corail avec succès. Le courant n'aidant pas les infortunés sans moteur, nous remorquons même un camarade pêcheur sur son bateau.

Poisson dont on sera privé...
Retour de pêche
Pêcheur et son embarcation, du même genre que celui qu'on remorquera
Nous posons pied sur la plage de Matemwe et là, j'avoue, c'est quelque peu le choc et le sentiment d'insécurité qui l'emportent... alors qu'il n'y pas de raison. Mais quand vous vous faites avoir depuis el début; vous commencez à être sur vos gardes et là, sur la plage y'a nous avec nos gros sacs et sur notre front, une grosse étiquette avec d'écrit "touriste" face à un groupe de gens du coin qui vous regardent débarquer. Les enfants accourent vers vous et tendent la main, histoire de vous demander de l'argent donc bon... que faire ? Option 1 de la mal-assurée : prendre le dala-dala qui passe juste et rentrer sur Stone Town ? ou option 2 de l'aventurier (Tristan) : on fait quelques pas dans le village et sur la plage (qui vaut bien le détour tellement qu'elle est belle) et on se pose déjeuner au bord de l'eau...

La plage paradisiaque de Matemwe
Deux heures plus tard ou comment commander un poisson et attendre que le cuistot reçoive la marchandise de son pote pêcheur qui est parti le pêcher le poisson ! On comprend mieux l'inscription "order in advance". Enfin, ça reste les vacances et après notre repas, nous passons derrière le décor de bungalows pour accéder aux ruelles du village et à ses habitations sans portes ni fenêtres. Là, des poules, des enfants et un parking où nous nous plaçons stratégiquement dans l'attente du prochan dala-dala. Les enfants nous repèrent, nous saleunt de loin de la main ou nous adressent un "Djambo", le bonjour en swahili. Quelques-uns plus aguerris ou bien plutôt habitués aux visages étrangers et pâles dans le coin s'approchent et tentent de nous mettre dans les bras les plus jeunes. Tous les stratagèmes sont bons : nous tourner autour, sortir des coquillages de sa poche, tenter quelques mots en anglais, compter ou simplement tendre la main mais que faire ? Ce n'est pas leur rendre service que de leur donner une pièce ou les crayons qu'ils réclament. Nous leur disons donc "hapana" (non en swahili) et tentons de communiquer et d'échanger sans qu'il y ait échanges d'argent. Nous leur montrons donc nos quelques prouesses linguistiques en langue locale : c'est-à-dire qu'on a appris la veille à compter jusqu'à 10, pas mal hein déjà ?

Un dala-dala passe en sens inverse, tout n'est donc qu'une affaire de minutes avant qu'il ne repasse dans notre sens direction Stone Town. Sachant qu'on en a marre (un peu quand même il faut le dire) de se faire prendre pour des touristes plein d'argent et donc premiers pigeons, nous nous sommes renseigné sur le prix à payer pour ce voyage en dala-dala et donc quand notre carrosse arrive et qu'il faut s'accorder sur un prix. La négociation est brève : c'est 4 000 pour les deux et avec les sacs et pis c'est tout ! Allez, roule, balance-moi les sacs sur le toit et engouffre-toi dans la charriotte, pas de temps à perdre : "twende" (on est parti).

Ceci est un dala-dala.
Arrière d'un dala-dala
Cependant que nous délaissons les enfants du village sur le terrain, voici nos nouveaux compagnons de route. Des mamans les cheveux couverts par des kanghas colorés, les jeunes enfants qui tendent encore les mains mais aussi, des regards, quelques sourires et ça, ça fait du bien. On avance sur la piste, ça balotte un peu, le chauffeur pile tandis que son associé à l'arrière avec nous, encaisse l'argent, place les marchandises sur le toit et frappe la carlingue du plat de la main quand on peut repartir. Autant vous dire qu'on kiffe... être avec les locaux, pas comprendre ce qu'ils racontent, voir les villages défiler le long de la route, s'arrêter encore pour prendre du monde alors qu'on est déjà serrés comme des sardines et qu'on sait même pas comment qu'on va faire pour la faire rentrer... Alala, c'est ça l'Afrique, faire beaucoup avec peu, y'a toujours une solution : la personne s'accroupit entre les deux bancs, près d'un panier où oh! surprise se trouve une poule acheté au marché, on prend les enfants sur les genoux ou encore on se presse une fesse par-ci une fesse par-là, on grimpe sur la marche à l'arrière du camion, bref, on s'en sort toujours ! Et même nous; on se met à jouer le jeu quand une mamie monte et tente de trouver une place et puis, qu'on voit bien que c'est pas possible et bien on y met du nôtre et je squatte les genoux de Tristan. Ca fait bien marrer nos compagnons, comme s'ils ne s'y attendaient pas : déjà trouver deux minots dans le dala-dala mais en plus, qu'ils partagent les joies du banc de sardines, toute une histoire ! Enfin, ça nous vaut quelques sourires et c'est toujours ça d'agréable ! Y'a communication dans le non-verbal, tout un chapitre à exploiter pour la prof de fle que je suis !

Le trajet se termine, nous descendons à la gare routière de Stone Town sur Creek Road et nous errons à la recherche d'un gîte pour le soir. Evidemment, nous sommes bien vite rejoints par un ou deux gars du coin qui sont ravis de vouloir nous indiquer le chemin vers l'adresse que nous cherchons. Il faut avouer que se repérer dans les petites ruelles étriquées de Stone Town n'est pas chose aisée donc bon, on se laisse guider même si au final, on n'a pas trop le choix (ils sont du genre coriaces). Nous faisons chou blanc à la première adresse : c'est complet. Par conséquent, nos "guides" du moment nous font arpenter les rues à la recherche d'autres adresses toujours moins chères. Nous bénéficions d'un tour gratuit dans les rues qui se trouvent derrière le marché, l'agitation est grandissante, ça grouille et les étals notamment de ces chapeaux ronds brodés pour les hommes m'intriguent. Nous échouons au Pearl Guest House qui à défaut d'être une perle de luxe nous propose un toit avec douche et balcon pour la modique somme de 10 US$ chacun, sans le petit déjeuner. Je fais ainsi connaissance avec un gros cafard dans l'évier avant de prendre une petite douche froide : cela va sans dire pour le prix (il fait 25 degrés donc rassurez-vous, cela reste agréable).

Ruelle de Stone Town
Nous nous échappons en soirée pour profiter de nous perdre dans les petites rues by night. Nous parvenons à retrouver les jardins de Forodhani tel le premier soir. Cette fois, on ne nous y reprendra pas, nous prenons la direction d'un stand où l'on vous fait des "pizzas" (boeuf, poulet, légume ou banane et chocolat, miam) et donc le prix est écrit noir sur blanc sur le petit panneau. Pas de mauvaise surprise donc. Ajoutez à cela l'enchantement d'un jus de canne à sucre frais, pressé sous vos yeux, le dîner est presque parfait. Remis de nos émotions du jour, nous apercevons au détour d'un étal notre camarade japonais qui lui, a bien fait le tour organisé jusqu'au bout mais qui est rentré à Stone Town en taxi... ça a dû lui coûter un bras et il a manqué les poules dans les paniers !

Les "pizzas" zanzibarites : au fond, ma banane-chocolat et devant, celle de Tristan.
Cannes à sucre et sa presse
Dans la "pizza", on a droit a du fromage "nouvelle vache".
Notre repas touche à sa fin quand deux jeunes tanzaniens nous aborde, chacun de notre côté et entame la discute. Il nous enseigne quelques mots de swahili : d'où tu viens ? comment tu t'appelles ? etc. Hélas, malgré ma bonne volonté, j'ai des difficultés à retenir sans écrire donc je ne vous écris pas encore la version en swahili mais c'est pour bientôt, je potasse. Au fil de la conversation, mon interlocuteur me raconte qu'il a 15 ans et qu'il est à l'école, qu'il apprend les langues et qu'il s'entraîne ainsi avec les touristes qui passent. Nous dérivons donc... en espagnol. Je lui donne quelques "cours" et lui, de sortir sa petite fiche memento sur laquelle il note ses nouveaux apprentissages. Incroyable ! à côté, Tristan est plus assidu que moi et en apprendra bien plus... le "jina langu" d'ailleurs qu'il est tout fier de ressortir les jours suivants. ("je m'appelle"). Nous quittons nos rencontres du soir en évoquant la possibilité de se recroiser au même endroit, même heure le lendemain...

mardi 21 septembre 2010

Zanzibar Jour 1 Stone Town et Cap au nord !

Après un petit déjeuner qui nous emplit l'estomac, nous partons à la découverte des petites rues de Stone Town et notamment de la maison de Livingstone. Qui est David Livingstone ? C'est un explorateur écossais du 19è, grand pionner et découvreur en terres africaines. Il trouve notamment les chutes Victoria qu'il baptise mais il entreprendra aussi d'atteindre la source du Nil. C'est dons la maison d'in grand homme que nous chercherons... en vain. Nous repérant tantôt avec nos guides et plans, tantôt suivant les indications de gens du coin ou étant dirigés tout bonnement par certains, nous n'y parviendrons pas !

Heureusement qu'on ne compte pas sur nous pour faire quelque exploration sans quoi, on chercherait encore la source du Nil. Nous retrouvons donc le chemin emprunté la veille au soir, nous longeons le port en direction des jardins de Forodhani plus tranquilles durant le jour. Nous décidons donc de nous rabattre sur la visite de la Maison des merveilles, petit musée qui retrace l'histoire de Zanzibar. L'atout du bâtiment est sa terrasse au dernier étage qui nous permet à loisir de prendre quelques photos sans être repéré des gens. A Zanzibar; il est vrai que comme partout; photographier les gens est délicat mais aussi les bâtiments et les fameuses portes sculptées de la ville font de la résistance... Enfin, voici tout de même quelques clichés.

 


La visite se termine et nous devons repasser à la guest-house où vient nous chercher une navette qui nous conduira hors de la ville, sur la côte nord-ouest de l'île, près du cap de Nungwi. Entassés à 9 dans un mini-van de marque japonaise, nous sommes un couple d'allemands, un backpacker de Washington DC, deux japonais et deux français à la recherche d'un petit pied à terre au bord de l'eau pour passer ce samedi soir... à un moindre coût cela va sans dire !

Le road-movie commence. Nous sortons de Stone Town par les ruelles étriquées, nous débouchons sur Malawi Road (on y était déjà plus tôt ce matin quand on cherchait la maison de Livingstone) et nous prenons enfin la route asphaltée vers le nord. Sur le bord des routes, les gens défilent, les couleurs, nous longeons un grand marché, des parcelles où le bois s'entasse en attendant d'être transformé en rondins pour édifier les maisons d'ici. La route, c'est un danger, c'est sûr. Nous frôlons (le mètre et demi de rigueur hors agglo de notre code de la route n'a qu'à bien se tenir) les piétons, les vélos qui sont avertis de notre passage deux secondes avant par le klaxon du véhicule! Ah oui; et on roule à gauche ici; héritage britannique ! Plus rapides encore les dalas-dalas déboulent et freinent dès qu'un passager veut ,onter ou descendre. Le dala-dala, c'est le bus local mais quand j'écris "bus"; faut pas penser à ceux de chez nous. Ici c'est un camion dont la remorque a été aménagée : elle est ouverte et est occupée par deux bancs en bois ! T'as intérêt à t'accrocher mais c'est typique et pas cher ! Pour toutes les marchandises ou pour nos sacs à dos et bien, c'est direction le toit ! Je ne vous cacherai pas qu'on a tenté l'expérience le lendemain et qu'on n'a pas regretté. En attendant la narration de cet épisode, je reprends le cours de celui-ci... Nous sommes donc en route vers Nungwi.


Après une bonne heure, nous quittons la route asphaltée pour la piste et nous traversons le petit village de pêcheurs de Nungwi. Tout y est de bois, les murs en torchis, tout est poussière et de temps en temps, un pas de porte vous offre de recharger votre mobile (tigo, voda, zain sont les compagnies proposées) ou bien quelques souvenirs. La réalité du quotidien de ces gens côtoie au bout d'un chemin la détente luxueuse des touristes de passage et qui élisent domicile dans un bungalow estampillé Hilton. Fracture, le fossé est grand. On le retrouvera tout le long de notre séjour sur Zanzibar, vous longez l'île par la côte, les hôtels et autres bungalows s'enchaînent et juste derrière les palissades, les cabanes des gens d'ici font pâle figure...

Nous déposons notre premier couple en lune de miel près du village tandis que nous autres, moins fortunés, nous rendons compte que nous avons tous en poche les mêmes adresses de résidences plus abordables. C'est le point positif de la navette, certes plus onéreuse, notre chauffeur nous assure que cela fait partie du jeu et qu'il nous conduira de pensions en bungalows jusqu'à ce que nous trouvions quelque gîte qui nous convienne. Après quelques désillusions quant au prix demandé pour les premiers, nous finissons par trouver ce qu'il nous faut aux bungalows White Sands. Il faut préciser que les hébergeurs sont très sollicités en ce samedi car le samedi soir c'est "full moon party" quand c'est le cas et quand ça ne l'est pas; c'est quand même la teuf. Les sacs sont posés, on ne perd pas trop de temps et on file vers la plage de sable blanc un peu plus bas. En chemin, j'admire mes premiers massaïs grands, minces aux habits de couleurs rouges et bleus mais surtout décorés de colliers bling bling dignes de certains rappeurs made in USA. Nous échangeons quelques mots en anglais et quelques regards derrière leurs lunettes noires : et oui, le soleil tape !

Nos petons foulent enfin le sable fin, nous élisons domicile sur un hamac ombragé le temps d'une courte sieste après... notre première baignade dans l'Océan indien ! L'eau est cristalline, un peu fraîche pour moi, j'en frissonne quelque peu avant d'y piquer une tête (c'est pas vrai : j'aime toujours pas mettre la tête sous l'eau). Je repars ensuite vers mon hamac et me laisse bercer le temps d'une courte sieste tandis que mon acolyte chausse le masque et le tuba pour se réjouir de la vue d'une "énoooooorme" étoile de mer (tristan aurait-il des origines marseillaises ?).


L'après-midi touche à sa fin, nous allons explorer le littoral et surtout arpenter la longue plage bordée de cocotiers et de bungalows. Au fur et à mesure de la balade, nous sommes bien heureux de notre petit coin; plus sympa et moins tape à l'oeil que celui plus loin des hôtels resort type Hilton ou bien du village de vacances tout proche et fief de (trop) nombreux touristes italiens (même les écriteaux s'affichent dans la langue de Don Giovanni). Rien à voir avec nos voisins italiens, néanmoins, nous avons également croisé lors de notre promenade un petit singe aux attributs bleus (oui, oui) tenu en laisse. Plus loin, nous recroisons un de nos camarades de navette, le japonais qui est descendu au même endroit que nous et que nous retrouverons tel notre fil rouge pendant quelques jours sur l'île. Lors de la balade, on nous démarche (toujours les rabatteurs) et tandis que le soleil se couche sur l'océan, nous concluons l'affaire avec le Captain DjiDji pour une sortie palmes-masque-tuba le lendemain près de la réserve de l'île privée de Mnemba.



Retour à la case pour une douche et nous ressortons direction le petit resto de l'hôtel. Des tables et des chaises en bois, les pieds dans le sable, rien de clinquant mais cette simplicité nous ravit ! Un jus de fruits frais accompagne notre repas : poisson oblige pour ma part (du rouget grillé, miam miam) et du poulet façon masala pour Tristan qui n'aime toujours pas le poisson (quel dommage ici !!!). Des petits légumes cuisinés avec une huile dont on n'a toujours pas compris de quoi elle était malgré les explications du serveur mais qui miam était à la hauteur de cette charmante petite soirée au bord de l'eau !


Pour les détails, notre camarade japonais dînait à la table d'à côté ainsi que le backpacker de Washington rencontré plus tôt dans la navette ! Le monde est petit sur Zanzibar, il faut dire que les autres bars et restaurants de la plage affichaient d'autres ambiances plus festives et plus luxueuses... ah, rien ne vaut les choses simples ! Pour l'anecdote, la note du resto nous fut apportée glissée dans les pages d'un livre en néerlandais : sympa l'idée ! Allez, on peut bien aller se coucher heureux après une journée pareille !

lundi 20 septembre 2010

Zanzibar ou quelques jours de vacances sur l'Île aux épices

Le flot des vagues nous emporte et nous dépose après deux heures de croisière sur l'Océan indien sur le sol zanzibarite. Toutes les marchandises qui avaient pris place au départ à Dar-Es-Salam sont reprises en main par les porteurs d'ici, nous patientons alors encore quelques minutes avant de toucher terre. Dans le port, quelques bateaux de pêche nous adressent des "Karibu" (prononcez "caribou" comme l'animal cher au coeur de Céline) qui signifient en swahili "bienvenue". Plus loin; on observe encore le fameux "hakuna matata" rendu célèbre par le dessin animé du Roi Lion et qui nous enjoint donc à nous détendre car ici, "pas de problème, pas de souci"; telle est la devise.

Bien qu'appartenant à la République unie de Tanzanie, Zanzibar affiche un statut politique quelque peu à part. Elle a son propre président certes mais à notre niveau de touriste en goguette, cela signifie qu'il faut passer par la case "immigration", remplir un papier et un questionnaire à propos de notre santé avant d'obtenir le petit tampon d'entrée sur le passeport. Les formalités accomplies, nous trouvons le chemin de la sortie et nous dirigeons vers l'adresse d'une guest house conseillée par Julie et pas très loin de là. Nous repoussons donc toute proposition de taxi mais c'est sans compter sur "les bonnes âmes du coin" qui connaissent tout et qui nous accompagnent par conséquent jusqu'à l'adresse. Nous suivent de près un autre couple de français avec qui nous feront la visite des lieux et avec qui nous nous associerons, histoire de négocier.

La chambre est grande : un lit king size plus un autre lit simple, du mobilier zanzibarite, un petit balcon, une salle de bains avec douche et eau chaude, un petit frigo, un ventilateur et une moustiquaire; je crois qu'on est pas mal du tout. La nuit est déjà tombée et avec elle, les moustiques font leur apparition. Nous avons fait le plein de bracelets anti-moustiques et autres de sprays avant le départ... hélas, cela ne semble suffire car je commence déjà à me gratter, grrrrr.

Une bonne douche pour nous remettre d'aplomb et nous encourager à prendre le chemin de Stone Town, la vieille ville d'ici, et celui des jardins de Forodhani où se retrouvent les pêcheurs déballant leurs étals mais aussi tous les touristes présents. L'ambiance est agréable, nous allons enfin profiter de la cuisine d'ici et d'un vrai repas. Un des pêcheurs-cuisiniers nous convaint de nous repaître chez lui. Au menu, des brochettes de calamars épicées ou non, du homard, des samoussas ou encore des chapatis, ces galettes/crêpes empruntées à la cuisine indienne. Il ne faut pas oublier qu'ici, à Zanzibar, l'Inde toute proche reste très influente. Nous prenons place sur l'esplanade et entamons notre premier repas "local". Seul bémol : on a eu les yeux plus gros que le ventre devant l'étal et... première règle du jeu ici : toujours demander le prix avant sans quoi; une fois que tu as mangé, tu ne peux plus négocier et tu te fais avoir... ça ne reste que 15 euros c est vrai pour un dîner à deux mais les jours suivants, nous avons bien compris notre naïveté du premier soir !

Le retour à la guest-house nous promet une longue et reposante nuit jusqu'à ce qu'au petit matin, l'appel à la prière du muezzin voisin se fasse entendre. A Zanzibar, 90% de la population est musulmane, on trouve donc des mosquées à quasi tous les coins de rue, les femmes cachent leur chevelure ou plus sous des étoffes colorées ou non (bientôt un billet sur ces tissus qui me ravissent); les hommes portent un petit chapeau rond brodé sur le haut de la tête et bien sûr, en ce moment, tout le monde respecte le jeûn diurne du Ramadan.




Pour nous ainsi que pour nombre des touristes de l'île, cette configuration se fait sentir en ce que les restaurants ouverts à midi ne proposent le couvert qu'à l'intérieur, que vous pouvez petit déjeuner à l'intérieur aussi mais derrière un rideau, à l'abri des regards. Car oui, visiter un pays aux traditions différentes signifie respecter ses moeurs. Nous tenterons donc tant bien que mal de ne pas nous hydrater le gosier à grandes gorgées d'eau en pleine rue, de manger également à vue ou bien pour ma part, de me balader les épaules nues ou avec les genoux visibles. Une autre pratique qui vous fera sourire - j'en suis sûre -, c'est qu'étant en territoire musulman, les toilettes sont tantôt turques mais surtout, près du réceptacle, vous trouverez une petite douchette pour... et bien, vous avez compris pour quoi faire. Ah ! qu'il est drôle de se rappeler nos bidets à nous d'alors !

Pour la suite de nos aventures zanzibarites, il faudra patienter, le temps de nous ravitailler d'un petit déjeuner de fruits frais et autres crêpes sur la terrasse du toit de la guest-house ;-)


dimanche 19 septembre 2010

Arrivée en terre inconnue


Avec quelque deux semaines de retard, je dispose enfin de temps pour vous conter mes (ou nos, je vais vous expliquer de suite) premiers pas sur le sol tanzanien.

En effet, pour le début de ce séjour, je ne fais pas route seule puisque Tristan m'accompagne. L'opportunité du stage n'a fait que déplacer notre destination de vacances de la terre hellène vers ce grand pays de l'Afrique de l'Est. Billet SNCF composté à la borne jaune de la gare de Morlaix en poche, je retrouve mon acolyte dans le train tandis que je laisse sur le quai de la gare une maman triste et toujours inquiète d'avoir de mes futures nouvelles tous les jours ou presque… Dans le train, avant de piquer un roupillon comme à mon habitude dans les transports, j'essaie de boucler les dernières choses à faire avant le décollage : petite carte à la grand-mère mais aussi à quelques amis d'Amérique latine laissés sans nouvelle depuis trop longtemps.

L'escale parisienne nous permet de faire quelques achats de dernières minutes ultra méga importants : un nouvel appareil photo numérique pour moi (fujifilm s1600) le kodak ayant refusé de s'allumer lors des préparatifs du sac ; un petit sac à dos et le traitement anti-palu de Tristan. C'est enfin bien chargés – bien que nous ayons renoncé à emporter la tente pour cette fois – que nous empruntons les couloirs du métro/rer parisien direction CDG (Charles de Gaulle, l'aéroport, bien sûr). Nous partirons dans l'après-midi avec Egypt air direction Dar Es Salam via Le Caire… mais avant cela, on groupe les sacs pour respecter les 20kg autorisés en soute (12kg pour moi… qui l'aurait cru ?), on poste les cartes et on essaye de joindre sfr pour suspendre sa ligne le temps du stage. Hélas, tout comme la veille, ils effectuent la maintenance informatique du système et l'opération n'est donc pas possible pour le moment : problème à régler plus tard de là-bas.

Nous embarquons enfin après la pause déjeuner… nous sommes même les derniers appelés : « Dernier appel, les passagers C***, C**** […] sont priés de se présenter à la porte d'embarquement n° ». Mais, ouf, c'est bon, on y est… dans un avion à demi-vide, nous pouvons donc à loisir occuper des sièges près du hublot ou encore nous allonger dans la rangée du milieu ! Pas de télévision personnelle, pas d'hôtesse pour les conseils de sécurité (une vidéo la remplace), une petite prière en arabe avant le décollage et nous voici en partance pour le Caire. Re-roupillon après le repas qui nous est servi (dattes au menu)...
et nous atterrissons en début de soirée sur le sol de la capitale égyptienne. Pas de pyramide en vue mais la chaleur, ça c'est sûr. Lors de l'escale, le spectacle d'un employé de l'aéroport se laissant glisser sur le tapis roulant pour nettoyer les parois vitrées de celui-ci ou encore la blague d'un enfant plus malin que les autres et qui appuie sur le bouton du même tapis nous auront fait patienter. Deux heures plus tard, nous remontons dans un autre avion de la compagnie nationale, plus petit certes mais nettement plus rempli notamment de touristes européens (allemands ou italiens surtout) ou bien de couples nouvellement mariés et disposés à se détendre après le stress ressenti après telle occasion.
Il est un peu avant six heures du matin quand nous arrivons à destination : Dar-Es-Salam, capitale économique du pays. Formalités du visa touristique que nous avons déjà, passage réussi, nous récupérons nos sacs complets et repaquetons le tout, histoire d'en avoir le moins possible pour sortir de l'aéroport. Les objets de valeur à l'abri, nous franchissons une simple porte et nous débouchons sur le parking… même pas un café ouvert pour patienter quelques heures, le temps que l'Alliance de Dar où je dois rencontrer Julie n'ouvre… Tant pis, nous décidons d'enquêter quant au prix de la course en taxi pour rejoindre le centre ville sachant qu'il fait encore nuit, nous attendrons de toute façon une heure plus favorable. Nous voilà donc, assis sur un banc, un peu à l'écart (mais pas trop) des chauffeurs de taxi qui tentent vaille que vaille de vouloir nous embarquer qui plus est, à un tarif… soit disant régulier, normal de 25US$, faudrait pas abuser. Le temps passe, l'horizon s'éclaircit enfin quand Tristan parvient à négocier une course avec multiples arrêts pour 20US$. Allez, c'est parti…ou presque parce qu'il est désormais quasi sept heures et c'est l'heure de pointe. Notre chauffeur tente un raccourci inefficace ce jour-là pour cause d'accident, il faut faire demi-tour… Notre vitesse d'escargot (embouteillage + un chauffeur qui éteint son moteur à chaque arrêt pour économiser de l'essence) a raison de moi, je me rendors sur la banquette arrière. Nous parvenons au bout d'une heure et demie, si ce n'est pas plus, à l'intersection de la clock tower puis direction le port où nous dépose le chauffeur afin d'acheter nos sésames vers les vacances : nos billets de bateau pour l'île de Zanzibar, départ prévu dans l'après-midi. Comme nous le comprendrons par la suite, chaque chauffeur a ses contacts et s'il dirige ses clients vers le bureau de ses « copains », une commission l'attend… ce qui n'a pas manqué ici. Après quelques renseignements sur les prix et quelques négociations, nous allons retirer nos premiers shillings tanzaniens pour régler ce premier achat : 195 000 shillings pour deux allers-retours (environ 50€ l'aller-retour chacun, cf. prochainement un billet à propos de la monnaie locale).
Premier arrêt accompli, nous faisons à présent route vers l'AF de Dar. J'y rencontre l'équipe et notamment Julie, VI du moment avec qui j'avais pris contact avant le départ. Un petit jus de fruit frais sur la terrasse du restaurant de l'AF avec vue sur le golf nous permet de souffler un peu. Nous laissons nos affaires de valeur et autres choses inutiles sur place afin de partir plus « légers » vers l'île aux épices : Zanzibar. Nous quittons Julie et l'AF pour nous rendre à pied cette fois vers le centre ville. Pause déjeuner, premiers repérages et premières gaffes sont au programme avant d'embarquer. Boulette du moment : nous entrons dans un terminal moderne afin de patienter avant l'heure du départ. La salle est pleine mais nous parvenons à nous asseoir avec nos gros sacs. Une femme en blouse blanche qui travaille là vient nous demander de déposer nos sacs dans le coin de la salle comme tout le monde sans quoi, il y aurait discrimination… Craignant qu'elle nous demande nos tickets non estampillés du même nom que la compagnie propriétaire du terminal, nous décidons de nous éclipser en nous excusant. Nous repartons donc vers la rue et le coin des billetteries. Les rabatteurs nous interpellent, nous leur disons que nous avons déjà nos billets et que nous cherchons un endroit où patienter… Ceux-ci nous demandent nos tickets et nous indiquent le terminal d'où nous sortons car et oui, la grosse compagnie des ferries c'est azam et ensuite, le nom sur nos billets, ce ne sont que des prestataires. Tout est donc lié et nous aurions donc pu rester à nos places qui ne sont désormais plus libres. La dame de tout à l'heure ne doit rien comprendre à notre manège, elle finit par nous envoyer avec un de ses collègues vers un autre espace d'attente, derrière, à l'extérieur… dépourvu des gros fauteuils en cuir de la salle du haut, dommage.
Après une heure d'attente, nous prenons part à la file d'attente des passagers en partance. De nombreuses marchandises transitent, les porteurs aux gilets orange se bousculent, touristes et locaux se mélangent et embarquent enfin. Nous trouvons des places de roi sur le pont arrière, des poufs poires nous tendent les bras, le pavillon tanzanien flotte au vent, l'Océan indien nous ballotte. Levez les amarres, dans deux heures, Zanzibar, nous voilà !

mercredi 1 septembre 2010

Jour J

Ayè,les préparatifs s'achèvent même si un élément crucial me fait défaut: l'appareil photo qui m'a lâchée,grrr! J'ai la posse avec la hi-tech en ce moment : une ligne de touches de mon clavier a de fait grillé il y a quelques semaines. Sans q, s, d, f, k, l, m, il n'est pas facile de vous écrire d'où l'achat d'un clavier tout mou en silicone (pour le ranger dans le sac sans souci) en attendant le changement du portable.
Pas de panique néanmoins pour l'appareil, un passage express - entre le train et le rer pour l'aéroport - au Darty de Montparnasse est prévu pour pallier à ce manque !
Les sacs sont presque bouclés, y'a plus qu'à se lever dans quelques heures et filer à la gare.
Encore des trucs à régler dans le train ou à l'aéroport (derniers courriers, dernières courses) et alors, après, une fois dans l'avion, on pourra souffler un peu !
à très vite pour plus de détails !!!

lundi 30 août 2010

J-3 avant le départ. Résumé des évènements.

Tandis que je passais le mois de juin en Irlande pour un camp en immersion, la nouvelle est tombée par mèl : je ferai ma rentrée en Tanzanie, à l'AF d'Arusha, dans le nord, près de la frontière avec le Kenya et surtout au pied du Kilimandjaro plus précisément. De retour en France, il faut annoncer la nouvelle et enclencher les préparatifs (qui ne sont toujours pas terminés, bien entendu).

Juillet tirant sa révérence, il a fallu se décider et acheter les billets. Entre deux services à la crêperie et de nombreuses recherches sur le net (merci Marion), les billets sont enfin dans la boîte mèl le 6 août : départ le 2 septembre avec Egyptair de Paris via le Caire pour Dar-Es-Salam et retour prévu un jour après l'arrivée du petit Jésus, soit le 26 décembre. Au passage, voici des adresses pour vous aider vous pour vos futurs voyages : www.liligo.com et son système d'alertes efficace, www.momondo.com (moteur de recherches).

De là, tout s'est un peu précipité : vaccins à faire, demande de visa et organisation du voyage. Mais, avant d'entamer le stage, petite pause vacances jusqu'au 12 avec Tristan. Au programme : l'île de Zanzibar et l'ascension du Mont Meru. Plus d'informations très vite, en attendant, je vous laisse, il y a encore une tonne de trucs à faire donc je file.


N'hésitez pas à vous abonner au fil RSS du blog et à laisser vos commentaires. Je tâcherai d'y répondre et j'essaierai surtout de tenir le blog à jour (pas toujours évident, une fois "aspirée" dans ces bouts de vie à l'étranger).

A très vite, Priscilla.